Aujourd'hui, j'ai publié le tome 1 des Héritiers de Valmar, qui s'intitule "Le Boiteux".

Devon, 17 ans, est le valet du prince Heinrich de Lorset et ce dernier considère Devon comme responsable de la mort de son père. Il va tout faire pour humilier le domestique et mettre en avant son handicap (il boite). Et puis un jour, Ulricha, la future fiancée du prince va se faire enlever et Devon va sauver la vie de Heinrich. Ils vont fuir Valmar ensemble et tenter de retrouver Ulricha mais pendant ce voyage, ils vont s'attacher l'un à l'autre à tel point que Heinrich hésitera entre sa couronne et son serviteur.

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Voilà le premier chapitre :

Prologue

Debout à la fenêtre de sa chambre dans le château de Valmar, le prince Heinrich de Lorset, tout juste âgé de sept ans, ne pouvait s'empêcher de regarder les soldats de son père partir au combat. En effet, les pirates avaient tenu à profiter que la Mer Froide, qui déservait le port de Valmar, ne soit pas encore gelée. Le village bâti au pied du château avait donné l'alerte, mais il serait sûrement trop tard pour en sauver les habitants qui avaient pris le risque de vouloir défendre leurs biens au lieu de se réfugier dans la forteresse.
Les deux rangées de soldats, vêtus de leurs armures en cuir ou de métal, se déplaçaient à pieds pour ne pas risquer de bonnes bêtes alors que le village n'était pas loin et que les pirates se battaient pied à terre.
Heinrich se cacha les yeux devant les maisons touchées par des flèches enflammées qui prenaient feu comme du petit bois dans cet air froid et sec. Il avait toujours vécu dans la sécurité du château et ne put donc pas savoir à qui appartenaient les maisons en feu, il ne pouvait pas deviner que la forge et la boulangerie ainsi que plusieurs tavernes étaient en train de s'écrouler. Tout ce qu'il voyait, c'était ce village, Valmar, qu'il avait toujours vu de sa fenêtre et qui aujourd'hui, périssait sous les flammes. Les villageois se faisaient transpercer de lances, écraser de massues, pourfendre de haches. Les cris lâchés par les blessés et poussés par le vent entouraient Heinrich comme s'il était sur place. On pouvait voir de très loin les taches de sang s'agrandir sur la neige blanche.
L'enfant était heureux que tous les domestiques du château soient occupés car il était sûr que le cas échéant, on l'aurait empêché d'assister au spectacle. Or si son père et ses soldats étaient déjà allés au combat, lui n'y avait jamais participé. Là, au moins, il pouvait voir ce qu'était la guerre, il pouvait comprendre la signification du mot massacre. Il assistait à ce qui se passait entre le départ des troupes et leur retour.

Des cris de surprise incitèrent Heinrich à baisser la tête afin de regarder ce qui se passait dans les murs-même de la forteresse. Les énormes portes de chêne étaient en train de s'ouvrir pour laisser passer son père, le roi Harold de Lorset. Vêtu d'une côte de mailles qui miroitait sous le rare soleil et d'une longue cape rouge bordée d'hermine, le souverain marchait, la tête haute, un écu poli dans une main, une épée étincelante dans l'autre. Ses cheveux blonds bouclés dont son fils avait hérité flottaient dans le vent.
Fier de son père, l'enfant le regardait avec adoration marcher d'un pas assuré en direction de l'ennemi. Le roi Harold n'avait peur de rien, et certainement pas d'une bande de pirates ! Toutefois, le prince hurla en voyant un pirate sortir de derrière une maison et abattre sa hache sur son père. Les gardes se ruèrent sur l'ennemi. Le souverain regarda avec stupeur son bras gauche et son bouclier tomber, avant d'enfoncer lui-même sa lame dans le ventre de l'ennemi. Il y laissa l'épée et ramassa un enfant qui courait pour fuir deux pirates. Âgé de cinq ou six ans, le gamin semblait mort de peur et d'après ce que Heinrich pouvait voir, il était le dernier villageois debout dans les parages, tous les autres étaient morts.
Son père n'avait tout de même pas risqué sa vie pour sauver un enfant ? C'était impossible ! Qui était ce gamin qui geignait dans l'unique bras de son roi tandis que ce dernier se retirait en direction de la forteresse.
Des soldats s'interposèrent entre Harold et les pirates, ce qui empêcha ces derniers d'utiliser leurs haches ou leurs massues mais les flèches tombèrent en direction du souverain.
Le roi reculait vers la place protégée, l'enfant serré contre lui. Sans doute ne voulait-il pas perdre ses hommes de vue. Les traits le visaient, l'un d'entre eux atteignit son épaule déjà mutilée, un autre se planta dans le genou gauche du gamin qu'il tenait contre lui. Un dernier tir se piqua entre le corps et le bras gauche de l'enfant, dans la poitrine de Harold.

Heinrich quitta son poste d'observation et sortit de sa chambre, dévalant les escaliers de pierre qui menaient à la grand'salle. Son père y avait déjà été rapatrié. Autour de lui, les villageois observaient avec déférence leur roi si bon qui avait donné sa vie pour sauver un enfant.