05 décembre 2011
L'Homme à la Jaguar
Voilà mon nouveau livre, L'Homme à la Jaguar. J'espère qu'il vous plaira et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !
A dix-sept ans, Steve partage sa vie entre le lycée, ses amis et la prostitution. Lorsqu'un homme en Jaguar l'aborde sur le trottoir, ils ignorent que cette rencontre va bouleverser leur vie à tous les deux.
Encore faut-il qu'ils soient prêts à admettre qu'ils faisaient fausse route jusque là.
22 octobre 2011
Les Héritiers de Valmar - Tome 4
Bonjour à tous ceux qui passent encore par ici !
Le tome 4 des Héritiers de Valmar est sorti quasiment juste après le tome 3 mais j'ai complètement oublié de vous prévenir... Comme pour le tome précédent, inutile de vous faire un résumé comme c'est la suite directe et également la fin de cette saga.
31 mai 2011
Les Héritiers de Valmar - Tome 3
Le tome 3 des Héritiers de Valmar est publié, ça y est ! Inutile que je vous fasse un résumé, c'est la suite directe du tome 2. Je ne mets pas d'extrait non-plus pour ne pas spoiler la fin du tome 2.
J'espère que ce volume vous plaira et pour ceux qui se posent la question, le 4ème et dernier tome ne devrait pas tarder à sortir, lui aussi.
19 janvier 2011
Sex, Drugs & Rock'n Roll - Tome 2
Hier, j'ai publié le tome 2 de "Sex, Drugs & Rock'n Roll". Il s'agit en réalité du passé de Sven et Harry : leur rencontre, leurs silences, leurs premières fois, etc...
Prologue
Je marche dans la rue sans regarder ce qui m'entoure. Pour tous les adolescents, la rentrée au lycée est un cap important. Pour moi, ce n'est qu'une rentrée comme une autre. Je n'ai pas abandonné d'amis du collège, je n'en ai jamais eus. Et je sais que je ne m'en ferai pas au lycée.
A quoi ça sert d'avoir des amis ? A être obligé d'aller chez eux et de les inviter chez soi ? A les avoir sur le dos lorsqu'on a envie d'être seul ? Comme si j'avais besoin de ça...
Je franchis le portail, monte les quelques marches bordées d'une pelouse, pousse la porte vitrée dans laquelle je croise mon reflet. Cheveux noirs en bataille, yeux bleus cernés dus à ma peur de m'endormir et rougis à cause d'une cigarette qui fait rire. J'ai le teint pâle et dans mes vêtements sombres, un jean noir, des Rangers noires et un t-shirt noir à l'effigie d'un groupe de rock, j'ai carrément l'air d'un cadavre ambulant. Par ailleurs, je ne suis pas très épais, ce qui doit accentuer davantage mon air morbide.
La foule s'ouvre devant moi et des chuchotements commencent à naître parmi les différents groupes.
Allez tous vous faire foutre !
J'arrive à un panneau en liège sur lequel sont affichées les différentes classes. Je suis en seconde B, salle 202. Je rajuste mon sac sur mon épaule et je me dirige vers les escaliers que je monte lentement. Je longe le couloir du deuxième étage, peint en violet avec des portes vertes. C'est laid. Quel est le type qui a eu l'idée de ces couleurs ?
J'arrive en salle 202. La pièce est vide. Je m'installe au fond à gauche, à côté de la fenêtre, et j'attends.
Reprendre les cours ne m'enchante aucunement. Pas que je me sois amusé cet été mais je pouvais courir les bars, à la recherche de quelqu'un qui pourrait m'aimer. Malgré ma taille et ma carrure minables, je fais plus que mon âge. Peut-être parce que je n'ai pas la gaité ni la vitalité qui caractérisent les gens de seize ans. Mon silence passe pour de la maturité.
La cloche sonne. La salle se remplit peu à peu et s'anime de bruit. Je ne prête aucune attention à mes futurs camarades de classe, je regarde par la fenêtre, mon menton appuyé sur ma main.
Un bruit de toux me fait tourner la tête. Un garçon assez grand aux cheveux et aux yeux noirs est debout près de ma table, il tient la chaise à côté de la mienne. Son visage est très sérieux, plus sérieux que celui des adolescents que je côtoyais au collège.
-Je peux ? demande-t-il simplement.
-Comme tu veux, je réponds en reportant mon attention sur ce qui se passe par la fenêtre.
Je l'entends tirer la chaise et s'asseoir à côté de moi.
Durant l'appel, j'apprends que ce garçon s'appelle Harry.
Magda
J'ai également publié un livre qui s'intitule "Magda".
Gil, à la poursuite de l'homme à l'œil rubis, arrive à Green Island affamé, assoiffé. Il entre dans un bar dans l'espoir d'y trouver du Whisky et se fait attaquer par des hommes. Il parvient à se défendre et fini par faire connaissance de Remy, un adolescent qui est à la recherche de son frère enlevé par l'homme à l'œil rubis. Tous deux font alors route ensemble, Gil pour tuer cet homme et Remy pour retrouver son frère, sans qu'aucun des deux sache que ce voyage leur donnera plus que ce qu'ils recherchent.
Chapitre 01 - Soif de Whisky et de vengeance
Tout a un début, et tout a une fin. Une fin qui arrive plus ou moins vite, en fonction des évènements, des circonstances, des décisions prises par ceux qui possèdent le pouvoir. A Green Island, les décisions n'ont pas dû être les bonnes. A moins que ce ne soit une histoire de fatalité. Nul ne le sait, ou du moins, ceux qui le savent ont le bon sens de se taire.
L'homme avançait dans les rues désolées, il titubait, épuisé, rongé par la faim et la soif. Vêtu d'un long manteau noir par dessus des vêtements noirs et d'un chapeau de cowboy noir assombrissant ses cheveux et ses yeux noirs, il aurait pu être impressionnant s'il avait pu tenir debout. Toutefois, il n'y avait nul à impressionner dans la rue déserte. Même les chiens errants avaient la présence d'esprit de ne pas s'aventurer dans ce quartier de la ville régi par la loi du plus fort.
L'homme, un étranger, ignorait tout cela, il n'était d'ailleurs plus en état de réfléchir. Il voulait seulement à boire. Du whisky de préférence, ou du rhum. Ou de l'eau s'il n'y avait plus que ça, mais il l'évitait : l'eau n'était bonne qu'à faire rouiller.
Quelques cris en provenance d'un bar lui donnèrent la vigueur nécessaire pour faire encore quelques pas. S'il y avait des cris, c'est qu'il y avait à boire. Il franchit les portes à battants et trébucha juste à temps sur la jambe d'un cadavre pour éviter un coup de gourdin qui l'aurait sans aucun doute assommé.
-Qui es-tu, étranger ?
L'homme en noir regarda tout autour de lui. Trois hommes se tenaient debout, un révolver dans les mains et un gourdin à la ceinture. Les autres personnes présentes n'étaient que des cadavres, toutes catégories confondues : des vieux, des jeunes, des hommes, des femmes, des riches, des pauvres et même un adolescent qui portait un pendentif cabossé. Toutefois, le vagabond ne se sentait nullement concerné par ce qui se passait dans cette ville. Il ne souhaitait qu'une chose : à boire.
S'il n'avait pas été aussi concentré sur sa soif, il aurait entendu les coups de feu et aurait deviné que ce bar n'était pas tranquille, mais durant les dernières heures, seule sa gorge asséchée lui importait et à un moindre niveau, son estomac vide.
-Je suis un étranger, comme vous le dites, répondit-il néanmoins d'une voix rendue rauque par sa gorge asséchée. Je me fiche de vos activités, je veux juste boire un coup et je repars.
-Je comprends bien. Tu dois, toi aussi, comprendre que nous ne te laisserons pas partir comme ça. Nous avons ordre de tuer tout le monde.
La brute regarda avec cupidité la montre gousset accrochée à la ceinture de l'étranger et ajouta :
-En revanche, si tu es prêt à négocier pour ta vie...
L'homme effleura la montre, qui diffusa une douce lumière bleue par le cadran.
-Elle n'est pas à vendre.
-Oh, cette montre vaut plus que ta vie ?
-Magda est ma vie, fit l'étranger avec un sourire amer.
Il roula sous une table pour se protéger des coups de feu qui se mirent à pleuvoir, puis il sortit de sa cachette et sauta en direction des hommes qui rechargeaient leurs armes. Un coup de poing dans un nez, un plongeon en avant pour éviter une nouvelle rafale, un coup de pied dans un ventre au passage et il était derrière son troisième assaillant. Il posa une main sur sa nuque et frappa son front sur le mur le plus proche. Il avisa que les trois hommes avaient perdu connaissance.
-Zut, j'aurais bien aimé les interroger sur l'homme à l'œil rubis. Enfin, je vais peut-être enfin pouvoir boire un verre, moi...
Il se tourna en direction du bar et avisa que toutes les bouteilles étaient cassées. Qu'à cela ne tienne, le propriétaire avait sûrement quelques réserves en arrière-boutique. L'étranger enjamba les cadavres sans remarquer que l'adolescent poussait un petit gémissement et il atteignit la porte de derrière. Il ne trouva là que trois bouteilles de whisky, une de rhum et quelques bières. Il mit le tout dans les poches de son long manteau noir, gardant à la main une des bouteilles de whisky et il se dirigea vers la sortie. Peu importaient la faim et la fatigue, il devait retrouver l'homme à l'œil rubis pour le tuer.
Remy n'osait pas bouger, paralysé par la peur et par, il devait bien l'admettre, une immense douleur au milieu de la poitrine. Si son gros pendentif, cadeau de son frère aîné, n'avait pas arrêté la balle, il serait sûrement mort à cette heure. La force de l'impact lui avait fait perdre connaissance un moment mais il était encore en vie.
Il respirait par petites goulées d'air, autant pour ne pas se faire remarquer que pour épargner sa poitrine douloureuse et regarda le spectacle de ses yeux mi-clos. Un inconnu était en train de mettre à terre les trois hommes de Jones. Le malfrat ne serait certainement pas content mais Remy était heureux de trouver un tel protecteur.
Perdu dans ses rêveries, il vit l'homme déposer un billet sur le comptoir et quitter le bar. Remy se leva et prit l'argent sans état d'âme, sachant que quelqu'un d'autre s'en chargerait tôt ou tard. Il courut après l'homme qui marchait tout en buvant de longues rasades de whisky.
-Monsieur ! s'écria-t-il.
Soit l'étranger ne l'avait pas entendu, soit il ignorait Remy.
-Monsieur, attendez ! cria-t-il à plein poumons, ce qui raviva sa douleur à la poitrine.
L'homme daigna enfin se retourner.
-Hé, petit, lança-t-il, tu n'aurais pas vu un homme avec un œil rubis ?
-Un œil rubis ? demanda Remy.
-Oui, un rubis à la place de l'œil si tu préfères.
-Euh... non...
-Ah. Tant pis.
L'étranger reprit son chemin sans faire de cas de celui qui l'avait appelé. Remy le regarda s'éloigner, impressionné par tant de classe et de maîtrise de soi jusqu'à ce que l'estomac de l'homme se mette à gargouiller, ce qui ternit un peu l'image de héros que l'adolescent s'en faisait. Il dissimula un sourire de son mieux et suggéra :
-Je vous emmène ? Mon oncle tient un restaurant et je crois que Monsieur le Maire sera heureux de vous connaître.
-Si tu me prends par les sentiments, petit...
-Ne m'appelez pas petit ! Je m'appelle Remy.
-Et moi Gil.
-Suivez-moi, Gil.
L'homme obéit et suivit l'adolescent jusqu'à une vieille jeep rouillée dans laquelle il sauta.
-Tu sais conduire ça ? demanda Gil d'un air un peu inquiet.
-Oui, mon grand frère m'a appris. Alors, vous montez ?
Tout en dévorant l'entrecôte et les frites offertes par l'oncle de Remy, Gil écoutait d'une oreille distraite les doléances du maire. Green Island était une petite ville paisible jusqu'à ce que Jones en fasse sa cible principale. Tous les habitants, à force d'être pillés, s'étaient réfugiés au centre-ville et unissaient leurs forces pour survivre et se protéger.
-Pourquoi cette ville s'appelle Green Island* ? Elle n'a rien de vert avec son sol desséché, et ce n'est pas une île.
-Elle était verte lorsque nous avions accès aux fontaines et que nous n'avions pas peur de nous rendre à nos jardins. Quant au fait que ça ne soit pas une île... Pour nous, c'est notre petit coin de paradis quand-même.
-Chouette histoire, fit Gil après avoir avalé de longues gorgées de whisky.
-Remy nous a dit que vous l'aviez aidé et...
-Je ne l'ai pas aidé, je me suis simplement défendu. Si ça lui a rendu service, tant mieux pour lui mais...
-Faites repartir Jones, c'est tout ce que je vous demande, fit le maire d'une voix suppliante.
-Trouvez un vrai garde du corps. Je ne suis qu'un vagabond.
Gil se leva de sa chaise puis demanda :
-Au fait, vous ne sauriez pas où je peux trouver l'homme à l'œil rubis ?
-Non, ça ne me dit rien.
-Alors je n'ai plus rien à faire ici.
Il se dirigea vers la porte mais se plaqua contre le mur lorsqu'une rafale de balles surgit par la fenêtre.
-C'est Jones, murmura Remy.
Par réflexe, Gil porta sa bouteille à ses lèvres. Surpris de ne rien sentir couler dans sa bouche, il la regarda. Une des balles l'avait cassée, il ne lui restait plus que le goulot dans la main.
-Ces idiots, cracha-t-il, hors de lui. Ils ont gâché une bouteille de bon alcool ! C'est impardonnable.
Remy et le maire se regardèrent, une lueur d'espoir dans les yeux.
-Désolé pour votre bouteille, Gil, fit Remy mais l'homme savait qu'il n'en pensait pas un mot.
*Green Island signifie Île Verte.
Les Héritiers de Valmar - Tome 2
Il y a quelque temps déjà, j'ai publié le tome 2 des Héritiers de Valmar, qui s'intitule "L'Oiseau des Glaces". Inutile que je vous fasse un résumé ici, je vous préciserai juste qu'il s'agit de la suite du tome 1 et cela se passe 15 ans plus tard.
Voilà le premier chapitre :
Prologue
Assis dans le salon des appartements royaux, Nathaniel faisait à Heinrich son compte-rendu de voyage et offrait surtout à son roi une oreille amicale. Depuis seize ans, le roi n'était plus que l'ombre de l'adolescent enjoué et impulsif que Nathaniel avait rencontré. Ce dernier s'en voulait de voir son roi de plus en plus grincheux et renfermé et il se disait que le moins qu'il pouvait faire était de rester à ses côtés et l'écouter lorsqu'il avait envie de parler, ce qui était rare.
Le roi Heinrich de Lorset était un bel homme grand aux yeux verts inexpressifs. Ses cheveux que Nathaniel avait connus mi-longs et bouclés ne dépassaient plus la largeur d'un doigt depuis seize ans. Son corps était fin, tout en muscles déliés. Heinrich passait la majorité de son temps à s'entraîner au combat, comme s'il voulait tout faire pour éviter de perdre des êtres chers...
Les deux hommes étaient sur le point de se quitter lorsque un adolescent blond déboula sans prévenir.
-Nathaniel, vous êtes rentré !
-Hugo, combien de fois t'ai-je déjà rappelé de quelle manière tu devais t'adresser à tes précepteurs ? demanda Heinrich d'un ton désapprobateur.
-Pardonnez-moi, père...
L'adolescent afficha un visage de circonstances mais dès qu'il eut tourné le dos à son roi, il sourit à Nathaniel et dit :
-Bonjour Messire Nathaniel, quel plaisir de vous revoir.
-Bien le bonjour mon prince, répondit Nathaniel amusé.
En croisant le regard de Heinrich qui avait viré au noir, Nathaniel dissimula son sourire.
-N'êtes-vous pas à votre leçon d'escrime, mon prince ? demanda-t-il afin de changer de conversation.
-Si mais Yvan a dit que je me débrouillais à merveille.
-Hugo ! grogna Heinrich.
Le jeune prince soupira et reprit :
-Le Commandant Yvan a dit que je me débrouillais à merveille.
-Bien. A présent, Hugo, va attendre Nathaniel dans le couloir, je dois m'entretenir avec lui d'un sujet. Dès que ce sera fait, il te rejoindra.
-Oui père.
Hugo soupira à nouveau et quitta le salon royal. Heinrich le regarda et s'il éprouvait une once de tendresse pour son fils, il était impossible de le deviner sur son visage austère.
-De quoi vouliez-vous m'entretenir, votre majesté ? demanda Nathaniel.
-J'aimerais que tu enseignes plus durement le protocole à Hugo, répondit Heinrich. Ce n'est pas parce qu'il est l'héritier de la couronne qu'il doit appeler les gens par leurs prénoms comme il le fait.
-Il ne fait que vous imiter, mon roi.
-Toi et moi, nous avons traversé des montagnes ensemble, cela tisse des liens.
-Cela tisse des liens avec mon prince également, répondit Nathaniel. Après tout, c'est principalement pour lui, pour qu'il puisse naître un jour que nous l'avons fait.
-Je le sais mais j'aimerais que mon fils soit digne de me succéder. Il fera les choses à sa manière une fois adulte. En attendant, il les fera selon mes règles.
-Oui mon roi, fit Nathaniel.
Le maître d'art, de protocole et d'histoire s'inclina devant Heinrich et quitta le salon. Dans le couloir, il remarqua Hugo, debout devant un tableau. La scène se passait sur la plage d'Orkansar. On y voyait la Reine Ulricha et le Roi Heinrich quelques mois avant leur couronnement. Ils se tenaient l'un en face de l'autre et semblaient se regarder. Quelques navires flottaient sur l'océan. Sans même se retourner de sa contemplation, l'adolescent demanda :
-Nathaniel, pourquoi mon père ne me sourit-il jamais ?
-Il n'y a pas qu'à vous, mon prince. En réalité, je n'ai pas vu votre père sourire depuis très longtemps.
-J'avais quatre ans à la mort de ma mère alors je ne sais pas comment il était avant... Est-ce que ça vient de ça ?
-Non, mon prince. Je n'ai pas vu votre père sourire depuis seize ans.
Nathaniel désigna le tableau qu'observait Hugo et ajouta :
-Il n'a pas sourit depuis le jour illustré par cette peinture.
-C'est vous qui l'avez peint, n'est-ce pas ? demanda Hugo.
-En effet.
-Pourquoi mon père n'a plus jamais sourit après avoir retrouvé ma mère ?
Nathaniel hésita. Avait-il le droit de révéler des secrets qui n'étaient pas les siens ? Toutefois, le regard vert suppliant l'aida à prendre sa décision rapidement.
-En fait, on croit que votre père et votre mère se regardent sur cette peinture mais ce n'est pas le cas. Votre père regarde par dessus l'épaule de votre mère.
Le maître d'art désigna un minuscule point argenté qui se posait sur l'un des bateaux et ajouta :
-Votre père regarde ceci.
-Qu'est-ce ?
-C'est Devon.
-Le fils de Monseigneur Isidre ?
-En effet. C'était également un ami très cher de votre père.
-Alors puisqu'il est mort, mon père ne sourira plus jamais ?
A nouveau, Nathaniel hésita.
-Mon prince, souhaitez-vous voir votre père sourire ?
Réponses
Bonjour à tous ceux qui me suivent par l'intermédiaire de ce blog.
Tout d'abord, je tiens à vous souhaiter une bonne année 2011, une excellente santé. J'espère que tous vos vœux se réaliseront et que vous serez heureux.
Je profite de ce post "à part" pour répondre aux quelques commentaires que j'ai eux, notamment ceux de Dow et d'Angel.
Dow : Pour la suite de mes livres, il va falloir attendre encore un peu. Je viens tout juste de publier "Sex, Drugs & Rock'n Roll tome 2". En ce moment-même, j'écris en alternance (en fonction de l'inspiration) "Les héritiers de Valmar Tome 3 - La revanche du dragon" et "Sex, Drugs & Rock'n Roll tome 3". Attends encore un peu s'il te plaît. :)
Angel : Tu peux me tutoyer tu sais :) Je suis heureux que tu aies aimé "Sens Unique". J'espère que "Sex, Drugs & Rock'n Roll" t'a plu également. N'hésite pas à me dire ce que tu en as pensé, les critiques sont toujours les bienvenues.
Désolé pour ce retard dans les mises à jour de ce blog, je vais essayer d'être plus régulier à partir de maintenant.
10 mai 2010
Les Héritiers de Valmar
Aujourd'hui, j'ai publié le tome 1 des Héritiers de Valmar, qui s'intitule "Le Boiteux".
Devon, 17 ans, est le valet du prince Heinrich de Lorset et ce dernier considère Devon comme responsable de la mort de son père. Il va tout faire pour humilier le domestique et mettre en avant son handicap (il boite). Et puis un jour, Ulricha, la future fiancée du prince va se faire enlever et Devon va sauver la vie de Heinrich. Ils vont fuir Valmar ensemble et tenter de retrouver Ulricha mais pendant ce voyage, ils vont s'attacher l'un à l'autre à tel point que Heinrich hésitera entre sa couronne et son serviteur.
Voilà le premier chapitre :
Prologue
Debout à la fenêtre de sa chambre dans le château de Valmar, le prince Heinrich de Lorset, tout juste âgé de sept ans, ne pouvait s'empêcher de regarder les soldats de son père partir au combat. En effet, les pirates avaient tenu à profiter que la Mer Froide, qui déservait le port de Valmar, ne soit pas encore gelée. Le village bâti au pied du château avait donné l'alerte, mais il serait sûrement trop tard pour en sauver les habitants qui avaient pris le risque de vouloir défendre leurs biens au lieu de se réfugier dans la forteresse.
Les deux rangées de soldats, vêtus de leurs armures en cuir ou de métal, se déplaçaient à pieds pour ne pas risquer de bonnes bêtes alors que le village n'était pas loin et que les pirates se battaient pied à terre.
Heinrich se cacha les yeux devant les maisons touchées par des flèches enflammées qui prenaient feu comme du petit bois dans cet air froid et sec. Il avait toujours vécu dans la sécurité du château et ne put donc pas savoir à qui appartenaient les maisons en feu, il ne pouvait pas deviner que la forge et la boulangerie ainsi que plusieurs tavernes étaient en train de s'écrouler. Tout ce qu'il voyait, c'était ce village, Valmar, qu'il avait toujours vu de sa fenêtre et qui aujourd'hui, périssait sous les flammes. Les villageois se faisaient transpercer de lances, écraser de massues, pourfendre de haches. Les cris lâchés par les blessés et poussés par le vent entouraient Heinrich comme s'il était sur place. On pouvait voir de très loin les taches de sang s'agrandir sur la neige blanche.
L'enfant était heureux que tous les domestiques du château soient occupés car il était sûr que le cas échéant, on l'aurait empêché d'assister au spectacle. Or si son père et ses soldats étaient déjà allés au combat, lui n'y avait jamais participé. Là, au moins, il pouvait voir ce qu'était la guerre, il pouvait comprendre la signification du mot massacre. Il assistait à ce qui se passait entre le départ des troupes et leur retour.
Des cris de surprise incitèrent Heinrich à baisser la tête afin de regarder ce qui se passait dans les murs-même de la forteresse. Les énormes portes de chêne étaient en train de s'ouvrir pour laisser passer son père, le roi Harold de Lorset. Vêtu d'une côte de mailles qui miroitait sous le rare soleil et d'une longue cape rouge bordée d'hermine, le souverain marchait, la tête haute, un écu poli dans une main, une épée étincelante dans l'autre. Ses cheveux blonds bouclés dont son fils avait hérité flottaient dans le vent.
Fier de son père, l'enfant le regardait avec adoration marcher d'un pas assuré en direction de l'ennemi. Le roi Harold n'avait peur de rien, et certainement pas d'une bande de pirates ! Toutefois, le prince hurla en voyant un pirate sortir de derrière une maison et abattre sa hache sur son père. Les gardes se ruèrent sur l'ennemi. Le souverain regarda avec stupeur son bras gauche et son bouclier tomber, avant d'enfoncer lui-même sa lame dans le ventre de l'ennemi. Il y laissa l'épée et ramassa un enfant qui courait pour fuir deux pirates. Âgé de cinq ou six ans, le gamin semblait mort de peur et d'après ce que Heinrich pouvait voir, il était le dernier villageois debout dans les parages, tous les autres étaient morts.
Son père n'avait tout de même pas risqué sa vie pour sauver un enfant ? C'était impossible ! Qui était ce gamin qui geignait dans l'unique bras de son roi tandis que ce dernier se retirait en direction de la forteresse.
Des soldats s'interposèrent entre Harold et les pirates, ce qui empêcha ces derniers d'utiliser leurs haches ou leurs massues mais les flèches tombèrent en direction du souverain.
Le roi reculait vers la place protégée, l'enfant serré contre lui. Sans doute ne voulait-il pas perdre ses hommes de vue. Les traits le visaient, l'un d'entre eux atteignit son épaule déjà mutilée, un autre se planta dans le genou gauche du gamin qu'il tenait contre lui. Un dernier tir se piqua entre le corps et le bras gauche de l'enfant, dans la poitrine de Harold.
Heinrich quitta son poste d'observation et sortit de sa chambre, dévalant les escaliers de pierre qui menaient à la grand'salle. Son père y avait déjà été rapatrié. Autour de lui, les villageois observaient avec déférence leur roi si bon qui avait donné sa vie pour sauver un enfant.
22 avril 2010
Sex Drugs & Rock 'n Roll
Cette fiction raconte l'histoire de Sven, 30 ans, qui passe son temps à se shooter à la codéine, à jouer de la guitare et à se faire baiser. Il pense que personne ne l'aime, sans même remarquer ce qui l'entoure et sans voir que Harry est là.
Voilà le premier chapitre :
Chapitre 01
-Sven, on commence dans quinze minutes.
J'ouvre les yeux. Je suis allongé sur le canapé de cuir rouge, dans ma loge, et j'ai dû m'assoupir car je n'ai même pas entendu la porte s'ouvrir. Harry, le batteur de notre groupe, me fait face accroupi devant moi, une main posée sur mon épaule. Ses grands yeux noirs sont inquiets.
-Ça va ? demande-t-il.
Je repousse sa main.
-Ça va, je réponds en m'asseyant dans le canapé. J'arrive dans cinq minutes.
Il se relève et quitte ma loge en poussant un petit soupir que j'ignore. Pas étonnant que je sois somnolant. Graham, notre manager, vient encore de me passer dessus. Il aime bien me prendre avant nos concerts. Il dit que j'ai les yeux plus brillants après avoir joui et ça plaît davantage aux petites pisseuses qui sont mes fans.
Je remplis un verre d'eau dans lequel je fais tomber deux comprimés effervescents à la codéine.
J'ai découvert ces médicaments suite à une chute dans les escaliers, il y a environ un an. Je n'ai rien eu de cassé ce jour-là, mais une douleur à l'épaule m'empêchait de jouer de la guitare, ma précieuse guitare. Mon médecin m'a prescrit ces médicaments. Un à la fois et pas plus de trois par jour. Au début, ça me donnait la nausée. Ensuite, ça a commencé à me faire planer. Depuis, j'en prends régulièrement, par deux et environ quatre fois par jour, parfois plus. Pour calmer ma douleur à l'âme. Pour me faire croire que cette vie de merde vaut la peine d'être vécue. Pour mettre un peu de couleurs dans mon monde en noir et blanc.
En attendant que mon bonheur artificiel soit dissout dans le verre, je me déshabille. Mon boxer est propre. Pour une fois, Graham a pris le temps de mettre un préservatif. Alors je passe mes vêtements de scène, un pantalon de cuir noir moulant, une chemise noire transparente et des bottes de cuir noir. Je jette un œil à mon reflet. Mes cheveux noirs aux mèches rouges, violettes et bleues sont en désordre, comme d'habitude. Mes yeux bleus ne sont pas trop cernés, il faut croire que ma micro-sieste m'a été bénéfique. Mon oreille droite est ornée de dix anneaux argentés qui en font le tour. La gauche, elle n'a qu'un petit anneau au cartilage relié par une chainette à un clou dans le lobe. Une chaîne en argent à laquelle est suspendue une croix bouge autour de mon cou à chacun de mes mouvements.
Je fais beaucoup plus jeune que mes trente ans. Je ne suis pas très grand, mon corps est fin, mon visage juvénile. Graham dit toujours que j'ai une gueule d'ange et que c'est grâce à cette gueule que nous vendons nos CD et que nos salles de concerts sont pleines. En effet, mon physique fait plus jeune que mon âge. Mes yeux, par contre... Un jour, Harry m'a dit qu'ils étaient hantés, comme s'ils en avaient trop vu, comme si j'avais vécu depuis la nuit des temps et que cette vie me paraissait décidément trop longue. Je n'ai pas voulu lui dire qu'il avait raison.
Je me détourne du miroir et me dirige vers la petite table basse devant le canapé, où m'attend mon verre. Les deux pastilles ont fondu. Je bois le liquide, grimaçant sous le coup du goût amer. Je repose le verre et je quitte ma loge. Je longe un couloir, croisant des assistants, des éclaireurs et divers techniciens en pleine effervescence. Une fois arrivé à l'arrière de la scène, Graham me tend ma guitare. Je le fixe droit dans ses yeux marron et un sourire mauvais nait sur son visage. Il repense sans doute à ce qui s'est passé dans ma loge il y a moins d'une demi-heure. Qu'il y pense si ça lui chante. Pour ma part, ce n'est qu'une fois parmi tant d'autres. J'ai été abandonné à la naissance. J'ai passé ma vie à naviguer de familles d'accueil en familles d'accueil, plus intéressées par le chèque de la DDASS que par mon bien-être.
Depuis ma naissance, personne ne m'a jamais aimé. Et finalement, ça ne m'importe pas plus que ça. Je préfère l'amour à court terme, sans aucune demande, sans illusions trompeuses, sans déception.
Je passe la courroie de ma guitare autour de mon cou. Cette guitare, c'est une guitare électrique que j'utilise pour les concerts. Chez moi, j'en ai une autre. Elle a treize ans. Elle est magnifique. Et elle compte plus que tout pour moi. C'est un cadeau de Harry. Peut-être que cet imbécile fait des cadeaux à tous ses amants, je l'ignore. Il y a treize ans, j'ai essayé de mourir. J'ai échoué. Il n'y a rien de plus horrible que de se réveiller à l'hôpital et de se dire qu'on est tellement bon à rien qu'on n'est même pas capable de mettre un terme à sa propre vie. Lorsque je suis sorti, peu après mon réveil, Harry m'attendait. Il m'a offert cette guitare. Pour donner un sens à ma vie.
Depuis, je joue de la guitare et je chante. Je n'aime pas spécialement ça mais il faut bien gagner sa vie. Et puis comme ça, Harry croit qu'il a réussi. Il ne sait pas que vivre me fait chier. Néanmoins, je lui ai promis de ne plus recommencer. Alors quand j'ai envie de mourir, je me fais sauter. Je ne jouis pas systématiquement mais j'attends, les cuisses écartées et je me dis que je suis au moins un peu utile. Et que je suis aimé, au moins à ce moment-là. Quand me faire baiser ne fonctionne pas, hé bien... il reste toujours la codéine...
Je capte le regard noir de Harry. Il est déjà sur scène, assis derrière sa batterie. Ses baguettes en mains, il attend mon signal. Gwenn et John, respectivement au synthétiseur et à la basse, sont prêts eux aussi. Ils sont des membres rapportés par Graham il y a cinq ans, contrairement au batteur que je connais depuis le lycée. Ils ne font ça que pour le boulot et nous ne nous voyons pas en dehors des concerts, répétitions et autres enregistrements. Tant mieux, je n'aime pas voir du monde, je ne suis pas sociable de toute manière.
Gwenn est un grand roux aux yeux verts. Son visage est parsemé de taches de rousseurs. Il est sympa, ouvert et assez enclin à la plaisanterie. Il est de caractère très facile et il a un don pour arrondir les angles.
John, par contre, ne parle pas et je ne sais absolument rien de lui. S'il chantait pas dans quelques morceaux, j'aurais pu penser qu'il était muet. Sauf quand il n'est pas d'accord. Ce type a vraiment un caractère spécial. Nous nous prenons souvent la tête. Dans ces cas-là, Harry essaye de me raisonner et Gwenn fait de même avec John. Les cheveux du bassiste sont teints en blanc et il porte toujours des lentilles rouges. De ce fait, je ne sais pas à quoi il ressemble au naturel mais finalement, je m'en fous. Il est presque aussi petit que moi et avec son caractère, il me fait penser à un roquet albinos qui passe son temps à aboyer.
Je fais un signe de tête à Harry. Il me répond par un clin d'œil et entrechoque ses baguettes entre elles en lançant :
-Un, deux! Un, deux, trois, quatre!
Nous nous mettons à jouer tous les quatre et les petites pisseuses en furie commencent à hurler en me voyant arriver sur scène. Ébloui par les projecteurs, je ne les vois pas. En revanche, j'entends les cris de ce troupeau de vaches laitières que je nourris de musique et de sourires et à qui je trais l'argent.
Mes sourires ne sont que factices mais ça leur suffit, à ces gamines qui prétendent m'aimer alors qu'elles ne savent rien de moi. Tout ce qu'elles veulent, c'est me voir leur sourire et me mater. Elles aiment voir mon cul moulé dans ce pantalon en cuir, elles aiment voir ma poitrine à travers cette chemise transparente. Hé bien allez-y, regardez tant que vous le pouvez, vous avez payé assez cher, après tout.
14 février 2010
Sens Unique
Sens Unique est le deuxième livre que j'ai publié. Il relate l'histoire de Maël, fou amoureux de Florian, son colocataire. Florian est jeune, beau, hétérosexuel, il passe de conquêtes en conquêtes mais de temps à autre, il dort avec Maël.
Ce dernier va tenter de lui révéler ses sentiments, mais cela ne va pas être facile car étant détective privé, il a enquêté sur certaines personnes qui lui en veulent, à présent, et ne rêvent que de le faire taire par le meilleur moyen qui soit.
Maël va-t-il parvenir à se déclarer à son bien-aimé tout en se protégeant ?
Voilà le premier chapitre :
Chapitre 01
Je monte les escaliers qui mènent à mon appartement, épuisé. Je n'ai pas dormi depuis près de quarante-huit heures. Je suis détective privé et j'espionne une société pour le compte d'un de mes clients. D'après mon client, le dirigeant de cette entreprise entretiendrait des relations avec la Mafia. La journée, je n'étais donc qu'un petit employé intérimaire du service d'entretien, et la nuit, je suis resté caché en regardant ceux qui entraient et sortaient.
Et là, j'ai assez de preuves pour satisfaire mon client. Il est près de quatre heures, le soleil est sur le point de se lever, et je n'ai qu'une envie : dormir jusqu'à demain soir.
J'entre chez moi et je pousse un soupir en voyant les vêtements qui jonchent le sol.
Florian, mon colocataire, a trouvé une nouvelle conquête. Une blonde.
Je ne connais pas la couleur de ses cheveux parce qu'elle a parsemé ses vêtements de la chambre à la porte comme si elle avait peur de ne plus trouver la sortie. Non. Je la connais à cause du long cheveu qui s'étend sur son t-shirt rose. Et accessoirement parce que je connais les goûts de Florian.
Toutes ses conquêtes sont des blondes, avec si possible, des grosses poitrines.
Je retire mes chaussures et je traverse le salon, évitant de piétiner les vêtements féminins, et j'arrive dans le couloir qui mène à la cuisine et salle de bains d'un côté, et aux deux chambres de l'autre. Je passe devant celle de Florian, qui est la première, et j'entends la conquête d'un soir demander :
-Qui est-ce ?
-C'est Maël, mon colocataire, répond Florian.
-Il est aussi mignon que toi ? demande la fille.
-Non, il est beaucoup plus beau que moi.
-Oh, cet appartement est un paradis pour femmes, alors !
-J'en doute, Maël ne rendrait aucune femme heureuse.
-Il a déjà une petite amie ?
J'entends Florian rire.
-Non, il est gay.
-Ça ne me gênerait pas de rester pour regarder, fait la fille en riant à son tour.
-Mais je doute que ça plaise à Maël, il est timide.
Quelle pouffiasse ! Comme si j'étais un animal de foire qui s'exhiberait pour son bon vouloir.
Je traverse le couloir jusqu'à la salle de bains, où je me brosse les dents et je prends une douche éclair. Ensuite, je vais dans ma chambre. Je me couche, je ferme les yeux.
Florian habite avec moi depuis près de cinq ans, et je l'aime depuis ce moment-là. On pourrait appeler ça le coup de foudre.
Avant lui, j'habitais avec Mathieu, un ami de la fac de droit, mais ce dernier a eu l'idée de se marier, un jour. Il a mis fin à notre colocation, et n'ayant pas les moyens de payer seul un aussi grand appartement, j'ai mis une annonce sur internet. Moins d'un mois plus tard, Florian m'a téléphoné.
Il intégrait la fac de lettres de ma ville, et demandait si l'annonce était toujours valable.
Il s'est installé durant la fin de l'été, et notre colocation s'est bien passée. De temps en temps, Karine, sa petite amie, venait lui rendre visite, ou il allait chez elle. Ils étaient ensemble depuis le lycée, et c'était l'amour fou. Karine était une petite rousse adorable et souriante. Elle a intégré une école d'archéologie, et deux ans après l'arrivée de Florian chez moi, elle a mis fin à leur relation qui durait depuis plus de cinq ans. Elle devait partir étudier un an aux États-Unis et un an au Japon, elle n'aurait ni les moyens ni le temps de revenir en France.
Florian est rentré de chez elle, et je n'ai jamais vu quelqu'un aussi déprimé. Il est resté assis sur le canapé sans dormir, sans bouger, ni pour manger, ni pour boire, ni même pour aller aux toilettes. Lors du troisième jour, je l'ai pris par le bras et je l'ai emmené de force à la salle de bains.
Enfin, de force, c'est un bien grand mot. Il ne m'a opposé aucune résistance, en réalité, ni quand je l'ai traîné jusqu'à la pièce, ni quand je l'ai déshabillé et mis dans un bain. Il s'est contenté de pleurer.
Je j'ai rasé. Puis je lui ai lavé les cheveux. Il pleurait de plus en plus. Alors sans réfléchir, je l'ai serré dans mes bras.
-Je suis là, ai-je murmuré à son oreille.
Il m'a rendu mon étreinte au point de manquer de me casser les vertèbres. Mais égoïstement, je me sentais si bien dans ses bras. J'ai retiré mon jean pour ne pas qu'il finisse aussi trempé que mon t-shirt, et je l'ai rejoint dans la baignoire pour le bercer contre moi. Il m'a enlevé mon t-shirt et j'ai senti son corps réagir contre le mien.
Ses larmes coulaient encore. Instinctivement, nos visages se sont rapprochés, j'ai léché ses larmes, puis nous nous sommes embrassés. Ce baiser était amer, salé, mais jamais je n'en avais connu de plus doux et désespéré en même temps.
-S'il te plaît, a-t-il fait d'une voix plaintive.
J'ai retiré mon boxer et je l'ai laissé m'empaler sur lui. La souffrance a été abominable. C'était ma première fois en tant que receveur, et de plus, je n'avais pas été préparé. Dans toutes mes précédentes relations, j'avais été dominant. Mais pour l'homme que j'aimais, pour lui faire plaisir, pour arrêter ses larmes, rien n'était trop.
Depuis, il a cumulé les aventures avec des blondasses rencontrées dans des bars, et par moments, entre deux, il vient dans mon lit. Il n'a plus le genre de comportement qu'il a eu dans la baignoire, il est toujours très tendre avec moi, il m'embrasse, me touche, me laisse le caresser, ses gestes sont doux. Je le laisse faire.
Parce que je n'ai pas le courage de lui dire que je l'aime. Parce que je n'ai pas la force de lui dire que ça me fait mal d'être sa roue de secours.
Parce que j'ai peur de lui dire que ce que j'aimerais le plus au monde, c'est le prendre.









